Lettre ouverte : Amis écrivains, et si vos lecteurs vous parlaient un peu d’argent ?

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Je ne fais pas partie de ces lecteurs « romantiques » qu’évoque Camille Laurens dans sa profession de foi parue le 25 mars 2016 dans Libération. Je ne méconnais pas la chaîne du livre et sais bien que les écrivains ne vivent pas de l’air du temps et ont souvent un autre métier.

Mais la lectrice compulsive que je suis, tout en estimant qu’il faut rémunérer votre travail, est aussi confrontée à son banquier. Soyons honnêtes : près de 20 euros en version brochée et environ 14 euros en numérique pour une nouveauté, c’est cher !

Comme je rechigne à aller en bibliothèque (j’y ai passé des heures et des heures durant mes universitaires), je déploie des trésors de stratégies pour assouvir ma soif de lecture : attente de la sortie en poche, achat d’occasion (toujours des livres indiqués « comme neuf » sur les différents marketplace, je n’aime pas la maltraitance livresque), échanges d’ebooks sans dmr avec mon entourage, achats auprès de maisons d’éditions pure players ou qui ont choisi un modèle éditorial qui prend en compte la réalité du lectorat et de l’écrivain (je pense à l‘Arlésienne, Publie.net, Numériklivres).

Qu’est-ce que je fais de cet argent économisé ? eh bien je rachète d’autres livres en version papier ou numérique. Et là, c’est un peu le paradoxe de ma démarche : j’économise pour mieux dépenser et je découvre des petites maisons d’édition qui sortent des sentiers battus (récemment le Monstrograph avec la Petite encyclopédie des introvertis de Coline Pierré).

Amis écrivains, vos lecteurs ont leur propre chaîne du livre ; une chaîne dictée par les contingences (le compte en banque) et un facteur plus irrationnel : la passion. Ne nous oubliez pas lors de vos discussions avec vos éditeurs ! L’équilibre est difficile à trouver mais on compte sur vous !